Nos
jardins contribuent-ils à la pollution de l'eau
???
La réponse est malheureusement
oui.
Les principaux responsables sont (outre le jardinier
qui les emploie) les pesticides, les nitrates et les
phosphatesLe nombre de jardins en France (d'agrément
ou potagers) serait de 13 millions.
Les pesticidesComprennent les insecticides, les fongicides,
les herbicides et les raticides.
Sur les seules surfaces traitées, l'épandage
moyen dans les jardins serait de 13,4 kg/ha/an, tous
produits confondus, et 5 kg/ha/an hors chlorate de soude,
soit légèrement plus que l'épandage
moyen agricole. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait
pas de risque ponctuel ou localisé. Les risques
seraient moins liés au surdosage, dû en
particulier à l'utilisation de l'arrosoir, qu'aux
comportements à risques qui consistent à
verser les contenus des bidons dans les éviers,
les égouts ou les caniveaux. De très petites
doses suffisent à contaminer les eaux des rivières
UTILISATION
DES PESTICIDES
Répartition par utilisateurs - Données
2000 en tonnes |
| |
Agriculture |
Jardins |
Espaces verts |
Total |
Pourcentage |
|
Fongicides |
52 800 |
765 |
22 |
53 587 |
51 % |
|
Insecticides |
3
100 |
223 |
11 |
3 334 |
3 % |
Herbicides |
30 800 |
7 078 |
1 942 |
39 820 |
38 % |
Autres |
7 900 |
np |
np |
7 900 |
8 % |
Total |
94 600* |
8 443 |
1 975 |
104 641 |
|
Pourcentage |
90 % |
8 % |
2 % |
|
100 % |
Source: Rapport du Sénat.
L'agriculture est, de loin, le premier utilisateur de
pesticides en France, puisqu'elle représente
90 % des utilisations totales. Le reste étant
réparti entre les utilisations privatives, pour
les jardins, 8 % du total, et les utilisations publiques,
pour les espaces verts (entretien des espaces verts
des collectivités locales, voiries, réseau
SNCF, etc.. Question souvent posée :Y a-t-il
un risque « pesticide » propre à
la SNCF ? La SNCF reste un utilisateur important de
pesticides, de façon très concentrée
sur une petite portion de territoire. L'emprise du sol
de la SNCF et du réseau ferré en France
est de 115 000 hectares. Les voies représentent
70 000 hectares (voies + abords.) La surface traitée
est de 55 000 hectares. Rapportée à la
surface traitée, la consommation de pesticides
par la SNCF a beaucoup baissé (De 397 t en 1984
elle est passée à 236 t en 2001 (7,2 kg
à l'hectare en 1984, et 4,29 kg à l'hectare
aujourd'hui) soit une consommation comparable à
celle utilisée en agriculture.
Les produits utilisés diffèrent sensiblement
selon les utilisateurs. Les fongicides sont massivement
utilisés en agriculture (56 % des produits),
tandis que les herbicides sont massivement utilisés
pour l'entretien des jardins et des espaces verts (87
% des produits).
Les nitrates
Ils proviennent pour l'essentiel des engrais azotés.
C'est la cause majeure de pollution des réservoirs
d'eau souterraine du globe.L'essentiel de cette pollution
est dû à la différence entre les
apports en nitrates sous forme d’engrais et ce
qui est réellement consommé par les plantes.
En France, selon un bilan du ministère de l'Agriculture,
cet excédent est passé de 320 000 tonnes
en 1995, à 400 000 tonnes en 1997.La pollution
par les nitrates est un problème complexe. Outre
d’être des nutriments pour les plantes,
les nitrates sont également consommés
par les microorganismes (bactéries et champignons)
présents dans la terre. Ils participent ainsi
à la synthèse des matières organiques
du sol qui stockent en leur sein l’azote contenu
dans les nitrates qui n’ont pas été
consommés dans l’année par les plantes,
et ce jusqu’à leur mort. Leur décomposition
par les bactéries libère alors l’azote
qu’elles contiennent sous la forme de nitrates.
Mais cette libération peut se produire à
tout moment de l’année, notamment lorsque
les plantes sont au repos et s’alimentent peu
: dans ce cas, ne pouvant être consommés
par ces dernières, les nitrates libérés
sont lessivés par les eaux de ruissellement et
d’infiltration.
Les nitrates
Emportés par les eaux d’infiltration au
cours d’une année ne proviennent donc que
pour une faible part des engrais apportés cette
même année. L’essentiel provient
de la production de nitrates par la matière organique
morte des sols, c’est-à-dire des nitrates
épandus les années précédentes
et stockés. À ceci s’ajoute parfois
la lenteur de la progression de l’eau d’infiltration
dans lessols.
Chaque épandage contribue donc peu chaque année
à la contamination des eaux, mais il y contribue
durant de nombreuses années. D’année
en année, ces contributions " retardées
" s’additionnent les unes aux autres et les
quantités de nitrates lessivés atteignant
les nappes augmentent. C’est ainsi que la pollution
actuelle des nappes souterraines provient de 20 à
30 années d’épandage d’engrais.
Même si l’on arrêtait aujourd’hui
de fertiliser les sols, il faudrait attendre plusieurs
décennies avant de retrouver une situation normale.Les
phosphatesIls proviennent à parts à peu
près égales des engrais, des détergents
(lessives) et ..des déjections humaines !
Non toxiques par eux-mêmes, ils sont responsables
de l'eutrophisation des eaux (due à un excès
de nutriments). On observe alors une croissance excessive
des algues et une diminution de l'oxygène dissous.
Au bout d'un certain temps seules les bactéries
anaérobies survivent provoquant la fermentation
des matières organiques et le dégagement
de gaz nauséabonds (ammoniac, hydrogène
sulfuré) et méthane.
Bien sûr toutes ces informations d'ordre général
n'ont pas pour prétention de révolutionner
nos pratiques quotidiennes …. Mais j'ose espérer
qu'elles feront prendre conscience de l'ampleur des
problèmes aux "Mrs Jourdain des jardins"
que nous sommes un peu tous….pollueurs sans le
savoir !!